"Là-haut"

Il était beau le ciel. Bleu, sans un nuage à l'horizon. Il faisait bon aussi. Ni trop chaud, ni trop froid. Sauf quand une petite brise fraîche pointant son nez d'on ne savait où. C'était un beau "là-haut". Du haut de ses un mètres dix et de ses 3 ans et demi, ça lui semblait bien trop haut, ce "là-haut" dont les gens n'arrêtaient pas de lui parler aujourd'hui. Comment on pouvait aller "là-haut", une fois qu'on était "plus-là" ? Est-ce qu'on prenait un avion, comme celui qu'il avait reçu pour son anniversaire ? Non, c'était déjà trop petit pour le hamster, alors pour un enfant ou un papa ou une maman... Et ça cassait vite. Le sien avait perdu une aile en percutant une porte. Est-ce que c'était les oiseaux qui nous y emmenait ? Ca lui paraissait impossible, parce que quand il voulait attraper le petit "tchip-tchip" (moi-neau, oui un moii-neauu), et ben il y arrivait pas parce que le moii-neeauu, il avait peur. C'était son papa qui lui avait dit. Son papa, il savait tout. Tiens, alors il lui demanderait comment on faisait pour aller "là-haut" et comment on était "plus-là", aussi. Est-ce que quand lui, il irait à l'école, on dirait qu'il ne serait "plus-là" et il irait "là-haut" ? Mais pourtant, le bus tout jaune qui prenait les enfants, il avait pas d'ailes. A moins qu'il les ai cassées en percutant une porte. Il faudrait qu'il demande à son papa.

Mais son papa, il était tout blanc depuis une semaine, et il parlait plus beaucoup. Il lui faisait même plus à manger, c'était la voisine qui venait le faire manger, se laver et se coucher. D'habitude c'était sa maman ou son papa. Mais sa maman était "là-haut" parce qu'elle était "plus-là". C'était ce que la voisine et son papa et les gens lui disaient. Il se demandait comment sa maman pouvait être "là-haut" puisqu'elle était là, en ce moment, dans une boîte noire. Elle lui faisait peur cette boîte d'ailleurs. En plus, les monsieurs, ils avaient fermé la boîte et ils la mettaient dans un trou dans la terre. Comment elle pourrait aller "là-haut", sa maman, si on la mettait dans la terre ? C'était comme à la plage, quand il se mettait dans le sable, il pouvait plus sortir... Il se mit à pleurer un peu. Sa maman allait rester coincée dans le trou ! La voisine le prit dans ses bras en lui disant que non, il fallait pas pleurer, sa maman serait bientôt "là-haut". Il s'arrêta de pleurer. Ca changeait tout ! Il sourit.

Il souhaita dans sa tête un bon voyage à sa maman jusque "là-haut" et lui dit qu'il la rejoindrait quand il saurait comment on allait "là-haut" quand on était "plus-là".


Leemain

# Posté le mercredi 12 décembre 2007 11:31

Modifié le mercredi 12 décembre 2007 14:14

Elle



Elle marchait, seule, sur le chemin, désert à cette heure-ci de la journée et à cette période de l'année. Elle marchait, heureuse malgré le froid qui lui mordait le visage, et ne se doutait pas de ce qu'il arriverait, tout comme elle ne se doutait pas que la pluie tomberait bientôt. Elle profitait seulement du soleil timide qui se dressait au-dessus de sa tête et de la solitude que ce moment lui apportait. Elle était jolie, ça oui. Une vraie poupée, disait-on au village. Elle avait le teint porcelaine et de longs cheveux d'un noir jaïs qui lui tombaient élégament sur les épaules. Elle avait les traits fins et dotés d'un grand charme. Quand elle souriait, deux petites focettes venaient se dessiner sur ses joues. Elle était d'une taille normale, était fine et avait une belle poitrine généreuse ainsi que de fines et longues jambes. Oui, elle était même très belle et attirait souvent les regards sur elle. Mais jamais elle ne s'en était rendu compte car elle vivait ailleurs. Elle vivait dans sa tête où elle s'était créée son monde, qu'elle trouvait bien plus agréable que celui qui l'avait vu naître. Dès son plus jeune âge, elle avait compris qu'elle n'était pas faîte pour celui-là. Elle s'était isolée dans sa tête, se créant petit à petit son monde à elle, grâce à son imagination hors du commun. Agée maintenant de seize ans, elle continuait à s'y isoler pour échapper à la réalité et à ses problèmes. Et pendant qu'elle marchait, elle laissa son imagination déborder et s'emparer d'elle. Et, gambadant, courant, riant, elle laisse la princesse, l'aventurière, la riche, l'orpheline la contrôler un moment. Puis vint le tour de la morte. C'était sa préférée celle-là. Car elle se disait qu'au fond, la mort la libèrerait de ce monde où elle était enchaînée depuis seize longues années. Oui, la mort était mieux que ça, en tous cas.

Quand elle décida que c'était assez, elle s'assit au pied d'un arbre, essouflée d'avoir fait la folle mais riant de ses gamineries. Ses joues, légèrement teintées de rose par le froid contrastaient joliment avec le reste de son visage. Le vent faisait virevolter ses cheveux bouclés tout autours de son visage et elle repoussait joyeusement ces mèches folles. Elle ne s'aperçut du temps qui se gâtait seulement quand une goutte lui atterit sur le visage. Elle soupira à l'idée de devoir rentrer chez elle et se leva pour rejoindre le chemin qu'elle avait quitté en jouant ses rôles. Elle commença à marcher dans la forêt où elle s'était aventurée, tâchant d'éviter la pluie, qui tombait maintenant à grosses gouttes, en se réfugiant sous les arbres. Alors qu'elle était presque arrivée à la lisière de la forêt, se demandant si elle devrait courir ou non, un bruit la fit sursauter et la tira de ses pensées. Elle se retourna et observa les alentours. Rien, ni personne. Pas même un petit animal. Cela la rassura mais eut le don de l'inquiéter aussi. D'habitude, ça grouillait de petites bêtes. Elle chassa cette pensée déplaisante et reprit sa marche. Elle atteignit le chemin et l'emprunta.

C'est à ce moment-là qu'on l'attrapa par derrière, maintenant un chiffon sur son nez et sa bouche, l'empêchant de respirer. Elle se débattit, mais les mains qui l'immobilisait étaient bien plus puissantes qu'elle ne l'était et ne bougèrent pas d'un pouce. Et alors que sa vision se troublait, que ses forces la quittaient peu à peu, elle eut une pensée qu'elle n'aurait jamais cru avoir un jour. " Je ne veux pas mourir, pas maintenant, s'il-vous-plaît, je ne veux pas mourir ". Ce fut la dernière pensée qu'elle eut avant de sombrer dans un trou noir sans fond...


Leemain

# Posté le mercredi 12 décembre 2007 12:02

Oh my god body !


Elle s'observa une dernière fois dans la glace et estima qu'elle ne pourrait pas faire mieux, de toutes façons... Bon, oui, elle ressemblait un peu à une pute, mais c'était une fête et puis merde ! elle avait plus onze ans non plus ! Elle rajouta un peu de rouge à lèvre, prit son sac et son manteau, et descendit. Après un rapide aurevoir à ses parents et la promesse de les appeler une fois qu'elle serait arrivée chez celui qui organisait la fête, elle sortit de chez elle. Elle ne devrait jamais appeler.

La fête se passait chez un ami qui n'habitait pas si loin que ça. Elle décida qu'elle pouvait y aller à pied, au moins elle n'arriverait pas trop en avance et économiserait le prix d'un ticket de bus. Il faisait froid et nuit, mais elle aimait ces moments-là. C'était plus calme que la journée et seuls les révèrbères éclairaient les rues. Certains trouvaient ça inquiétant, elle, elle adorait cette ambiance. Elle marcha d'un bon pas, heureuse et excitée.

Au bout de dix minutes, elle arriva dans une rue mal éclairée et où ne traînaient que quelques attrouppements. Pour la plupart des gars complètement saoûls... Elle accélera l'allure sans même s'en rendre compte. Au bout de quelques mètres, elle entendit siffler et rire derrière elle. Elle ne se retourna pas. Cependant, les cris, rires, sifflements et paroles se rapprochèrent au fur et à mesure. Elle se décida à rendre la prochaine rue à sa droite, pour plus de sureté. C'était une petite ruelle sale et pas éclarée, ou sinon seuelment par la lune et les quelques étoiles qui brillaient dans le ciel, et où, au fond, se dressait un mur. Elle se décida à retourner sur ses pas, mais c'était trop tard. Le groupe qui l'avait suivie venait d'arrver dans la ruelle, bloquant l'unique sortie. C'était une bande de quatre jeunes, tous reniflant fort méchament l'alcool. Ils l'encerclèrent. Celui qui paraissait le plus à même de ne pas sombrer dans un coma éthylique s'adressa à elle.
" - Alors poupée, qu'est-ce qu'une jolie fille comme toi fait dans la rue à cette heure-là ?
- ...
- C'est quoi ton p'tit nom ?
- ...
- Je te conseille de me répondre !"

Il avait presqe crié ces mots et un petit bruit rententit - cling ! -. Ils venaient de sortir une lame de leurs poches. Elle ouvrit la bouche pour crier mais un des gars derrière elle lui appliqua sa lame contre la gorge et lui chuchota que non, ça serait une fouttue mauvaise idée de crier comme ça, vraiment fouttue mauvais idée, si elle tenait à son joli p'tit visage. Elle referma la bouche. Mait au fond, qu'en avait-elle à faire de quelques coupures sur son visage, comparé à ce que ces gars allaient lui faire ? Et elle se doutait que ce ne serait aps une partie de plaisir. Elle ouvrit la bouche et cria. Mais bien évidemment - et malheureusement pour elle - sa voix décida de se faire la malle au même moment. Le son qu'elle produisit fut ridicule.

Et là commenca ce qu'elle jugea assez cruel pour être classé dans le catalogue anuel de l'art de la torture. Elle se prit un coup dans le ventre qui la plia en deux et lui coupa la respiration. Et les gars se la passèrent en riant et en lui administrant coups et coupures. Elle cherchait à s'enfuir, mais ils formaient toujours un cercle autour d'elle et sérieusement, est-ce qu'une fille comme elle, du haut de ses quinze ans et demi, avait la moindre chance contre quatre types d'une vingtaine d'année, aussi bourrés soient-ils ? Non, pour sûr. Elle se sentait comme un ballon de basket, ballotée entre les mains de chacun. Un ballon qu'on crèverait à coups de lames. Elle avait mal. Elle sentait son sang couler. Elle avait déjà un oeil fermé et la tête lui tournait. Elle voulait qe ça s'arrête, s'il-vous-plaît, que ça s'arrête...

Et ça s'arrêta. Un gars l'attrapa et la poussa. Elle tomba à terre. Elle resta immobile, incapable du moindre geste et sentant déjà les sons s'éloigner. C'est bon, ils allaient partir... Un son de fermeture éclaire lui parvint et il semblait tellement loin tellement loin. Puis l'odeur d'alcoolqui revint brusquement chatouiller ses narines la ramena sur terre et elle ouvrit les yeux - du moins celui qu'elle pouvait encore ouvrir -. Elle était allongée par terre sur le ventre et voyait les gars se rapprocher, ceintures ouvertes et fermetures éclaires avec. Elle prit peur et se mit à ramper, appelant à l'aide. Ses cris ressemblaient à des murmures. Celui qui lui avait parlé plus tôt s'accroupit au-dessus d'elle et la retourna sur le dos. Il avait un sourire cruel figé sur la face. Il approcha sa bouche et lui murmura à l'oreille qu'il s'en fichait de son nom, à vraid dire, mais que lui et ses copains la trouvaient bien bonne, et qu'ils se la feraient bien là, maintenant. Il lui déposa un baiser sur la joue. Avec sa lame, il découpa son manteau qui n'opposa pas de résistance. Il l'envoya au loin. Il arracha sa jupe et son haut de la même façon. Elle reprit un peu de ses esprits et tenta de se débattre, mais un baffe lui fit voir des étoiles. Il lui enleva ses bottes aussi. Il fit remonter la lame à partir du nombril, traçant une estafilade rouge sur son ventre, et arracha son soutien-gorge. Là, il s'arrêta un moment et rangea sa lame. Elle sentait les larmes couler sur ses joues - à moins que ce ne soit du sang - et elle tenta à nouveau de le frapper, mais une autre baffe l'assoma à moitié. Sans ressortir sa lame, il arracha avec ses mains son boxer. Il se pencha et lui murmura que oui, elle état bien bonne, qu'il n'avait jamais autant bandé. A moitié consciente, elle se mit à penser à des stupidités. Comme quoi elle arriverait sûrment en retard à la fête. Et que sans boxer, elle devrait faire attention en dansant et en s'asseyant. Et il faudrait qu'elle appelle ses parents...

Une douleur vive lui lacéra le bas ventre, la ramenant à la réalité. Elle cria, mais encore une fois ce ne fut qu'un chuchottement. La douleur revint. Et encore. Et encore. Elle avait mal. Elle souffrait trop. Et lui, qui continuait à s'enfoncer en elle, au plus profond, violemment et de plus en plus vite... Il éjacula. Elle sentit le spreme couler entre ses jambes -à moins que ce ne soit encore une fois du sang -. Elle remerçia le ciel d'en avoir fini. Oui, ils partiraient maintenant... Mais elle sentit une nouvelles fois la douleur s'élever de son bas ventre. C'en était un autre.

Ils passèrent chacun leur tout, prenant avec plaisir la petite poupée qui gisait au sol, cette poupée de douleur, de sang et de larmes, même plus consciente de ce qu'ils lui faisaient. Quand ils en eurent fini, celui qui lui avait parlé s'agenouilla à nouveau au-dessus d'elle et lui dit que Jess, ça lui irait bien. Mais il était désolé, Jess, mais il allait falloir se dire aurevoir maintenant. Il ne pensait pas qu'ils se reverraient. Il l'embrassa sur les lèvres et lécha le sang qui s'imprima sur les siennes. Il sortit sa lame et l'appuya sur son bas ventre, traçant une profonde ligne qui se mit à saigner instantanément. Ils partirent, la laissant là, nue et souffrante, dans la flaque de sang - son sang ! - qui s'était formée.

Le lendemain, on devrait la retrouver morte. Les autorités déclareraient que c'était un acte cruel et inimaginable vu la façon dont la victime avait été mutilée et violée On ne trouverait jamais le moindre témoin occulaire ou auditif.


Leemain


P'tit mot : Bon, ok, peut-être un peu trash, mais non, ça va encore ! C'est les idées de la nuit (ouais, je l'ai faite dans la nuit, jusqu'à minuit passé ^^). Donnez votre avis !

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 12:27

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 01:50

Un an

Salut. Ca fait longtemps je sais... Un an jour pour jour. J'aurais du venir avant, je le sais aussi ça. Mais je pouvais pas... C'est quand même toi qui m'as quitté ! Je suis désolée de t'avoir dit toutes ces conneries. J'étais vachement énervé tu sais... T'avais pas le droit de me faire ça à moi. Ouais, aujourd'hui ça fait un an jour pour jour que t'es partie. J'ai appris que t'avais été enceinte. On me l'a dit seulement il y a une semaine. Pourquoi ? Je sais pas, il paraît que j'étais trop « fragile ». Ils ont raison, comme d'habitude, tu le sais. J'ai fait pas mal de conneries, c'est vrai. J'en ai encore les marques sur le corps. M'en veut pas trop, j'avais qu'une envie, c'était me foutre en l'air. Mais bon... Pourquoi tu me l'as pas dit que t'étais enceinte ? T'avais peur que je te lâche ? Tu sais que je l'aurais jamais fait, je suis pas comme ça. Je t'aimais trop. Je t'aurais soutenu quoi que tu ai décidé. Même si on était trop jeune. J'aurais tout lâché pour toi, tu le sais ça ? J'ai jamais su ce qu'il t'était passé par la tête il y a un an. Je le saurais sûrement jamais. Non, je veux pas le savoir à vrai dire. J'ai peur d'avoir trop mal une fois que je le saurais. Mais tu me le diras pas de toute façon, pas vrai ?

Tu sais, j'ai beaucoup pensé à ce qu'il s'était passé entre nous. Pendant tout ce temps où on était ensemble. Quant t'es partie, j'ai été atterré. Je t'en voulais et je disais que l'amour, c'était de la pure merde, que ça servait qu'à faire mal. Je regrette d'avoir pu dire ça. J'ai de la chance d'avoir vécu ce qu'on a vécu. J'aurais voulu continuer à le vivre, ça c'est clair, mais peut-être que le bonheur n'est que limité. Que si t'étais pas partie, on aurait eu des moments affreux qui nous auraient fait oublier nos moments si heureux. J'y crois pas trop, mais bon, mieux vaut imaginer ça, parce que je t'avoue que ça soulage un peu. Tiens au fait, je t'ai ramené Teddy Sence. Je l'ai retrouvé dans mes cartons en faisant le tri. Oui, j'ai mis tout ce qui avait un lien avec toi dans des cartons. Ca faisait beaucoup. L'autre jour j'ai eu le courage de les redescendre du grenier et de tout déballer. T'aurais du me voir, ça t'aurais fait rire. Je pleurais ! T'aurais ri de me voir pleurer pour ça, tu m'aurais sûrement dit qu'il fallait que je fasse comme toi, et tu m'aurais pris dans tes bras en me chuchotant ta chanson à l'oreille. T'aurais fait ça, pas vrai ? Tu me répondras pas, je sais, mais je peux toujours essayer non ? Donc voilà, tiens Teddy. Ca m'a rappelé tellement de choses quand je l'ai sorti de son carton. Comment on l'avait eu, pourquoi Teddy Sence, et tout et tout. Tu t'en rappelles ? Moi, oui, comme si c'était hier. On s'était fait arrêter par un gars du Téléthon, c'est ça ? Oui, c'est ça. Il vendait des p'tits trucs. Moi, j'étais pressé, je voulais pas qu'on s'arrête. Mais toi t'as commencé à me traiter d'égoïste sans c½ur tu te souviens ? Tu t'es arrêtée et tu lui as fait un grand sourire, à ce type. Finalement, je lui ai acheté son plus gros ours en peluche. C'était un neuf en plus. En maillot bleu et rouge. Je te l'avais donné, te faisant encore la gueule. Et là, t'as cru que je faisais la gueule parce que j'avais donné de l'argent. Pas grand chose pourtant. Et là tu m'as sorti « Tiens, je te donne ce que j'ai pour te rembourser ! Dix cents... Tiens, les voilà tes dix cents ! ». Et tu 'mas tendu l'ours pour prendre la pièce. Et tu t'es mise à rire. Teddy Sence, c'était pas mal pour un ours t'as dit. J'ai rigolé après avoir compris. C'était nul, mais j'aimais bien.

Tu sais, je me suis rappelé tellement de choses en sortant ces cartons que je me dis que c'est comme une vie. On a presque vécu toute une vie à deux. Alors je t'en veux plus maintenant, de m'avoir laissé tombé. T'en avais le droit. Je sais pas pourquoi mais t'avais le droit de tout laisser en plan comme ça. Tu sais bien que je te refuse jamais rien. Cette fois j'ai mis plus de temps à accepter, d'accord, mais c'était plus dur aussi... Voilà, je crois que je vais m'en aller, maintenant. Je reviendrais, je te le promets. Avec un autre petit cadeau pour l'autre !! Au fait, Charlie, ça aurait été mignon non ?


Il positionna bien l'ours en peluche et déposa un baiser sur la tombe. Il mit les mains dans les poches et s'en alla du cimetière.



Leemain

# Posté le vendredi 14 décembre 2007 10:48

Je suis une pute


Je suis une pute. Je vends mon amour à ceux qui en ont les besoins. Qu'ils soient jeunes, vieux, beaux, laids, mariés ou non. Je suis une pute, c'est mon métier. Je suis payée pour coucher avec beaucoup de gars, trop de gars. Je suis une pute, et c'est pas par plaisir... L'argent que je gagne, c'est pour mes études. L'argent que je gagne, il est sale. Il vient de tous ces bourgeois qui croulent sous l'or, de tous ces bourgeois qui viennent assouvir leurs besoins chez nous. Mais je suis une pute, je l'accepte leur argent.

Je suis une pute, et je passe mes nuits sur les trottoirs et dans des hôtels. Attendre que ces messieurs m'arrêtent et me demandent combien c'est. Attendre dans le froid, sous la pluie et la neige. Attendre que la vie vienne. Mais la vie ne tient qu'à un fil, pour nous autres, pour moi... Toutes les nuits, j'attends en me demandant si j'aurais un client ou pas, en sachant que si je n'en ai pas, je n'aurais jamais assez d'argent pour mes études, et je ne pourrais les poursuivre. Sans études, pas de diplôme, pas de travail. Et je serais condamnée à finir pute pour la fin de mes jours. Je suis une pute, et j'aime pas ça. J'aime pas m'offrir à des inconnus, j'aime pas assouvir leurs désirs quels qu'ils soient. Je suis une pute, et je n'ai pas le droit d'aimer. Je ne peux avoir de sentiments. Je ne suis qu'une poupée, un objet.

Je suis une pute, mais c'est comme ça. Je pourrais m'en aller et trouver un autre job, mais je ne peux pas, j'ai un contrat. Je lui dois de l'argent et je ne pourrais partir que quand je l'aurais remboursé. Je suis une pute et je suis prisonnière. Prisonnière de ces habitudes, ces habitués, ces nouveaux. Prisonnière dans leurs mains. Je ne sais pas qu'ils sont, je ne sais pas ce qu'ils font, je ne sais pas s'ils sont clean ou non. Je ne sais rien de leur vie, mais je suis sûrement plus proche d'eux que leurs femmes ou leurs copines. Ces gars bourrés aux as, qui font le grand jeu à celles qu'ils aiment le jour et qui viennent tripoter des jeunes putes le soir. Qui viennent infecter certaines de ces poupées. Je m'y fais pas avoir moi. Avec moi, c'est préservatifs obligatoires. Mais je suis une pute, et j'ai été trompée.

Je suis une pute et j'ai dix-neuf ans. J'ai la vie devant moi, comme on me dit. Mais je suis une pute et je suis enceinte. Un de ces porcs m'a engrossée en craquant son préservatif et en le gardant pour lui. Je ne sais pas qu'il est et je ne le saurais jamais. Lui sait quelle connerie il a fait mais l'aura oubliée, si ce n'est déjà fait, dans peu de temps. Après tout, je ne suis qu'une pute, une de ces petites poupées du soir, un de ces objets tellement agréables à avoir sous la main de temps en temps. Je suis une pute, et je ne peux avoir d'enfants... Je suis désolée, petit, mais tu n'aurais pas eu la mère dont tu aurais eu besoin. Tu n'aurais pas eu de père non plus. Je suis désolée petit...

Je suis une pute et je n'ai pas le vertige. Du haut de cet immeuble, je n'ai pas peur. Ca m'attire, au contraire. Je suis une pute et j'en veux au monde entier. Je suis une pute et je m'en veux surtout à moi.

Et elle sauta.



Leemain

# Posté le samedi 15 décembre 2007 09:06